La réalité pédophile.

Publié le par Wil

Hommage au sage modérateur d'un site disparu (mondedemerde.com) pour lequel j'avais, à la lecture de ses avis ou réquisitoires, un profond respect... Lofi nous disait entre autre ceci :

    "    Il n'y a qu'une seule réalité mais différentes perceptions de celle-ci, principalement à cause de la quantité et de la qualité des données dont chacun dispose concernant la dite réalité. La puissance de l'Internet m'a permis de "rencontrer" un ex-pédophile... un choc ! Il y a alors deux attitudes : fuire ce que l'on croit être une réalité monstrueuse ou ouvrir son esprit pour chercher à mieux comprendre. Ceci dans un seul but : trouver des solutions pertinentes et efficaces parce que basées sur la réalité et pas sur des peurs et/ou douleurs irraisonnées. Malgré mon titre accrocheur, je ne prétends pas savoir la réalité pédophile, mais, je suis sûr d'une chose, je la perçois maintenant plus fidèlement et, si je conçois que ce sujet soit très sensible, je considère néanmoins qu'il est important d'affronter certaines idées. Je ne cache pas qu'elles puissent être violentes, d'autant plus que j'en ai subi la violence moi-même il y a quelques semaines, je me permets donc de ne conseiller la lecture du texte suivant qu'aux personnes en accord avec la démarche.

        Le sujet m'intéresse particulièrement car je connais dans mon entourage proche plusieurs victimes d'abus sexuels sur des enfants. Des souffrances maintenant adultes dont je peux mesurer les effets persistants et plus ou moins ravageurs selon les cas. Je souhaite écrire ce texte parce que j'ai pris conscience de l'approche simpliste que j'avais auparavant du problème, approche qui, maintenant j'en suis convaincu, aggrave les effets nuisibles inhérents à la pédophilie plus qu'elle ne les résout en quoique ce soit.


Les mots sont importants !

        Les mots sont importants, quand on parle mal on pense mal et quand on pense mal on agit mal. Mon ancienne perception simpliste manquait pour commencer à considérer ce sage principe. Je crains que la majorité ne soit tombée dans le même travers, influencée entre autre par le tapage médiatique incompétent, plus en recherche d'auditeurs ou de lecteurs que de vérité.

        Qu'est-ce au juste qu'un "pédophile" ? Certes le dictionnaire est précis, mais pose la question aux gens, à toi-même éventuellement, la réponse diffère de beaucoup : «C'est un monstre qui viole des enfants !». C'est criant d'une réalité émotionnelle témoin de drames, mais éloigné de la réalité qui était demandée. Un pédophile est un individu qui éprouve de l'attirance pour des enfants (individus impubères). Il ne s'agit pas de minimiser ce désir dévié, mais très simplement de le distinguer de l'acte sexuel abusif qui lui seul est répréhensible car lui seul est destructeur. Il s'agit surtout de rappeler une réalité : tous les pédophiles ne passent pas à l'acte et ceux qui franchissent cette barrière du respect de l'enfant le font souvent après de très nombreuses années et dans un contexte qu'il est intéressant d'étudier, bien sûr sans enlever la responsabilité du crime. Soyons donc clair, la loi ne considère heureusement aucun "crime de pensée" et je ne suis pas plus un violeur en désirant, forcément involontairement, certaines femmes qu'un pédophile n'est un criminel en désirant, tout aussi involontairement, des enfants.

        Ainsi à travers ma rencontre, le premier choc à été d'accepter qu'un pédophile, que je voyais comme un être immonde, puisse être, il suffisait de le constater, un individu respectueux, plus humain que beaucoup, tourmenté par ses désirs, mais ayant lui-même quelques difficultés à comprendre que certains puissent passer à l'acte sachant la destruction que cela pouvait représenter pour la vie à venir de l'enfant, un enfant qui ne peut qu'être abusé étant donné son incapacité à comprendre toute la complexité inhérente à un acte sexuel.

        Autre précision d'importance, tout criminel abusant des enfants n'est pas forcément pédophile. Il ne s'agit bien sûr pas de donner dans la considération euphémique du criminel pédophile (celui qui est passé à l'acte) pour en transférer la charge sur d'autres types de criminels, il s'agit tout simplement de ne pas faire d'amalgame, toujours dans le cadre d'une démarche plus fidèle à la réalité. Tout un tas de troubles psychologiques graves ayant pour moteur fantasmatique la violence peut conduire au viol ou meurtre d'enfants (ou d'autres victimes faciles). Dans ces cas, l'attirance sexuelle pour un enfant n'a rien à voir, donc la pédophilie n'a rien à voir. On pourra par exemple citer le cas tristement célèbre de Marc Dutroux qui, selon les experts psychiatres, n'est pas pédophile. On pourra du coup s'étonner que ce cas continue de représenter un tournant quasi-historique dans la considération sociale de la pédophilie !?


Une voie épidermique

        La deuxième étape a été de découvrir combien un ex-pédophile pouvait être plus engagé et plus compétent que moi dans la prévention et la protection des victimes d'abus sexuels. Là encore, il n'y avait qu'à constater avec bonne foi.
Comme fréquemment, surtout dans la gestion des douleurs d'autrui, mon approche du problème était beaucoup plus inconsciemment motivée par un soulagement de mes propres sentiments d'horreurs que par une volonté véritable de régler ce problème complexe. Bref, un comportement égocentrique prétendument altruiste, plutôt qu'une prise de recul objective. Quand quelque chose nous apparaît comme horrible, le premier réflexe est de le condamner, le rejeter, le plus violemment possible... sans conscience que cette violence est simplement celle que l'on reçoit et renvoie comme un boomerang et n'est pas du tout une solution en soi, ni même un raisonnement.
 
        Ce jugement très sévère et péremptoire est partout, dans les journaux, à la télé et, plus que tout, dans l'inconscient collectif. Il fait la Norme de notre société concernant la réalité pédophile. Surtout, il exerce une pression aussi monstrueuse que ce qu'il juge, sur quiconque ressent ou croit ressentir cette attirance interdite. On peut comprendre, mais où est la pertinence de vouloir interdire ce qui n'a pas de responsabilité ? On est responsable d'un acte, pas de ce que l'on ressent. Cette distinction claire que la loi fait, la société ne la fait plus dans ce cas et pour une seule mauvaise raison : l'effroi, qui même s'il est justifié n'en reste pas moins un mauvais support de réflexion.

        La conséquence aussi est effroyable, forcément : on ne considère plus cette attirance comme une déviation psychologique que l'on peut et donc doit soigner pour réduire efficacement le genre particulier de crime qu'elle peut entraîner (ça n'est qu'un potentiel). On se contente d'une naïve confiance en l'idée la plus primitive qui soit : «on pourra éradiquer ce qui nous fait peur, on pourra enfermer tous les pédophiles !».


Le passage à l'acte

        En tant qu'ex-pédophile et côtoyant de ce monde souterrain (effet de la pression susdite), mon interlocuteur est bien placé pour me raconter les circonstances qui poussent au passage à l'acte. Ça tombe sous le sens ! On peut comprendre la difficulté de vivre pareilles attirances. Alors, étant donnée la perception que la société a de cette attirance, on peut d'autant mieux comprendre la difficulté encore plus grande, voire l'impossibilité, d'en parler, d'opérer un quelconque geste exutoire, dont l'importance fondamentale n'est plus à démontrer pour éviter un passage à l'acte.
 
        Irais-tu dévoiler aux autres ce qui, instantanément te ferait passer pour un monstre immonde ? Ceci même si tu n'as effectivement commis aucun acte liberticide ? Tes actes ne compteraient plus, seul ce que tu ressens, ce que tu désires devient mauvais, inacceptable, devient monstrueux. Tu es monstrueux non pas pour ce que tu fais, mais pour ce qui est dans ton esprit, sous forme purement abstraite. Jugé d'avance par la société entière (ou presque), ta volonté de contenir un acte qui t'est de toute façon déjà reproché ne peut que se réduire, voire s'anéantir.

        Le mal-être consécutif d'un contexte aussi culpabilisant ne risque pas de participer à aider le pédophile à prendre sur lui le recul nécessaire à la compréhension, puis la maîtrise de sa situation. Au contraire, il n'est pas sorcier d'imaginer combien il peut être un élément de frustration supplémentaire poussant à la perte du contrôle de soi, favorisant ainsi le passage à l'acte.
C'est précisément l'expérience qui me fut rapportée ; combien toute situation de stress intense et de rejet injuste provoquait une régression du rapport affectif et du désir sexuel, alors que toute situation de compréhension, tout contexte où le pédophile peut être considéré avec respect, sans procès d'intention, provoquait, à l'inverse, une amélioration.

        Plus grave, se multiplient les cas d'adolescents et jeunes adolescents qui s'imaginent être pédophiles et n'osent en parler à personne. Ils rejoignent alors ces milieux perturbés avec la certitude culpabilisée qu'ils sont des monstres. En vérité, ils ne sont probablement pas pédophiles à ce moment précis mais ont tous les risques de déclencher un véritable blocage. Blocage consécutif d'une seule chose : la très lourde image du pédophile dans notre société. Une image qui rejette ceux qui s'y reconnaissent (à tort ou à raison) vers un monde au référentiel biaisé qui a tous les risques de construire davantage leur déviation. Au contraire, en l'acceptant comme un trouble réel mais soluble dans un monde aux références plus saines, le même blocage aurait toutes les chances premièrement de ne pas exister, mais éventuellement d'être démonté. Une réalité qui montre avec gravité comment et pourquoi le rejet instinctif du pédophile (et pas de l'acte abusif) est plus enclin à "créer" d'autres pédophiles qu'à solutionner quoique ce soit.

        C'est également avec étonnement que j'ai découvert la précision de l'attirance pédophile pour un age donné. Et les rejets absurdes intrinsèques à ce milieu, avec ceux attirés par des enfants de 11 ans qui se montrent condescendants ou même injurieux vis à vis de ceux qui le sont par des enfants de 8 ans. Comme une attirance baromètre du niveau de régression, comme un indicateur également qu'il existe des moyens de rétablir l'attirance à un niveau sinon "normal", au moins qui n'implique plus que des individus suffisamment matures pour s'approprier toutes les conséquences d'un acte sexuel.


Une voie plus efficace

        Ainsi, l'acte d'affronter la peur légitime que l'on peut ressentir à l'idée de comprendre et donc d'accepter en partie la réalité pédophile est bien récompensé. On découvre qu'il ne conduit pas du tout à excuser ou même tolérer l'inacceptable. Il ne réduit en rien le passage à l'acte qui est, à juste raison, considéré comme un crime. Simplement, il suit un autre sage principe : «Condamne le mal immiscé dans l'Homme, pas l'Homme lui-même !». Principe qui, avec une meilleure cible de raisonnement, apporte des solutions plus pertinentes, plus appropriées. Des solutions qui visent à résoudre les causes du problème et pas ses effets, sur soi lorsque l'on est victime, sur ses émotions lorsque l'on est témoin.    "
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Publié dans extraits

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S
lol mdr^^
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M
trop de tolerance tue la tolerance<br /> L'intolérance fait vivre la tolérance. eh ! oui! la tolérance existe car il existe l'intolérance, sans cela elle ne serait rien ! D'un côté il y a la ville avec ses regles, ses lois, et de l'autre la brousse avec sa liberté, chacune confère à l'autre son droit d'être....<br /> p.s: windows live est peut etre pourri mais plus coloré !! non mais !!!<br /> et moins contraignant : on est pas toujours obligé de recopier une soi disant image pour poster un com'
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W
Tu est trop manichéenne pour moi... le monde ne saurait s'en tenir a un équilibre entre deux notions "complémentaires" mais à un mélange... (plus ou moins équilibré selon les ages et lieux) ...de milliers voire plus d'éléments déterminants, à leur échelle respective, l'avenir.<br /> Si on éradique tous les chasseurs, les lapins vont se multiplier... si on éradique tous les lapins, les chasseurs tueront d'autres animaux… l’équilibre est un cycle qui n’arrive à complète révolution que rarement et qu’on ne maîtrise jamais tout à fait tant les causes à effets sont nombreuses et liées les unes aux autres. Affirmer le contraire, (prétendre le rétablir par exemple en jouant au « coup pour coup » dans ton exemple « viole une nana […] se fasse castrer ») revient  à jouer à Dieu… et jouer à Dieu, qu’on y croit ou pas, c’est se mettre au dessus de l’Homme…<br /> P.S sans trop de rapport : N’oublions pas que pour prendre une direction il faut non seulement tourner le volant mais aussi et surtout appuyer sur l'accélérateur.P.S sans aucun rapport : merci sk8teurdu81, ta bonne humeur est communicative…
W
J'ajoute que je ne soutiens pas qu'un pédophile doit être libre mais qu'on ne doit pas lui enlever sa dignité (dont il peut avoir dejà perdu toute trace par honte) en le conspuant, le traitant comme non humain... on est plus au moyen age et j'espère qu'on n'y revient pas.
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W
Voilà bien le problème... la pédophilie n'est pas de la simple gourmandise, tu ne peux donc pas préter au pédophile un quelconque "égocentrisme" ou "individualisme" volontaire et assumé... c'est bien plus complexe et mérite donc bien plus de retenue...
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M
mais de quel droit cette personne aurait-elle droit à une liberté, elle a perdu cette liberté en s"octroyant le droit d'en posséder deux (la sienne et celle de sa victime)..........c'est elle qui est egocentrique , egoiste et individualiste.....on ne peut tout avoir, et faut parfois payer sa trop grande gourmandise....<br /> http://ladeglingo.spaces.live.com/
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