Démocratie : gouvernement du peuple par le peuple (démos = peuple /kratos = pouvoir)...
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NB : il ne faut pas confondre République et Démocratie : ces deux concepts ne sont pas à mettre sur le même plan :
_ La république désigne avant tout l’objet même du pouvoir politique : le bien commun, la chose publique (" res publica "). Par suite, bien sûr, c’est l’Etat de droit, un gouvernement légitime (i.e. : le pouvoir ne s’exerce que sur des hommes libres, les lois ne sont pas répressives mais plus précisément, limitent les libertés afin qu’elles s’accordent entre elles et au bout du compte soient mieux assurées, etc.).
_ La démocratie donne un contenu à la République : elle désigne un titulaire du pouvoir politique ou de la chose publique, à savoir le peuple.
Le lien entre République et Démocratie est donc complexe, et nullement un lien de synonymie : en effet, s’il va de soi que la démocratie est républicaine, car elle est un Etat de droit, la République, elle, n’est pas nécessairement démocratique, loin de là.
_ un régime est synonyme de forme de gouvernement (manière de gouverner)
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Platon (427 av. J.-C. (Athènes), 348 av. J.-C. (Athènes) ) dans sa République, se pose la question de savoir quel peut être, parmi les différents types de Constitutions qui s’étaient succédés, celui qui pourrait offrir à la Cité le meilleur gouvernement . Il s’interroge donc sur les conditions idéales auxquelles tout régime politique, quel qu’il soit, doit répondre. Il ne s’agit pas de rendre compte de ce qui est, des régimes tels qu’ils existent, mais de ce qui doit être, des régimes tels qu’ils doivent être.
Pour lui, il y a cinq constitutions possibles :
_ La constitution parfaite, en laquelle tout est commun (femmes, enfants, éducation, moyens de défense) et où les gouvernants sont philosophes (thèse célèbre des " philosophes-rois " = pouvoir et sagesse sont réunis en une seule main). Il la nomme parfois aristocratie.
(Les quatre autres sont imparfaites ; elles sont classées par ordre décroissant)
_ La timocratie (fondée sur l’honneur)
_ L'oligarchie (fondée sur l’appétit des richesses)
_ La démocratie (fondée sur l’égalité des riches et des pauvres)
_ La tyrannie (fondée sur le désir -négation même de la politique car absence de lois)
Selon Platon, il y a une logique interne qui gouverne la marche des régimes. On passe de l’un à l’autre selon cette logique (ie : c’est inévitable). Bien entendu, cette loi n’est pas un progrès mais une dégénérescence, c'est donc une loi de corruption et de décadence :
" tout ce qui naît est soumis à corruption " .
Idée essentielle : soumise au temps, qui est la loi du devenir, du monde sensible, l’idée de constitution parfaite ne peut que se dégrader, puis finalement s’anéantir. Ce qui est le plus intéressant pour notre propos est que la démocratie se situe à la fin du parcours. Elle est donc ce qui marque le passage à la désintégration de la constitution idéale, et de la politique elle-même (puisqu'elle donne naissance à la tyrannie).
Rappel : le peuple souverain chez les grecs = pas tout le monde, mais l’ensemble des citoyens (en sont exclus les femmes, les enfants, les esclaves, les métèques). Pourtant la dénonciation platonicienne de la démocratie est dénonciation du peuple, qui est capable du pire, et tyran en puissance. C’est qu’il ne prend pas le terme de " peuple " en son sens positif. Quand on parle de "peuple", il faut savoir distinguer entre la foule et le grand nombre (plèthos) et le peuple proprement dit (dèmos). Depuis Homère, le terme " plèthos " désignait la masse des gens qui, n’étant pas beaux ni bons, forment une foule aveugle et insensée qu’entoure généralement le mépris. Par contre, dans l’Athènes du Ve siècle, le terme de " dèmos " fut crédité par Périclès d’un sens plus positif : il reconnut que le peuple est capable de choix raisonnable, même si souvent il tombe dans l’irresponsabilité en cédant soit à la colère et à l’emportement, soit à l’apathie et à l’indifférence . Platon, lui, ne reconnaît pas la différence. Disons que quand il parle de peuple, il parle principalement de la plèbe.
Pour lui, étant donné que la démocratie repose sur le principe de la souveraineté du peuple, l’anarchie en est la conséquence inéluctable, et c'est pour cette raison qu'elle donne naissance à la tyrannie.
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Platon a inspiré la thèse de Tocqueville (29 juillet 1805 (Paris), 16 avril 1859 (Cannes) ) (puisque ce dernier soutient que la démocratie porte en elle le germe d'une tyrannie, même si ce n'est pas au même sens que chez Platon). Chez Tocqueville, la démocratie est moins entendue comme constitution que comme manière de vivre. La démocratie a pour lui un sens strictement politique et un sens sociologique.
La démocratie est menacée du pire dès qu'à l'égalité des conditions ne correspond plus un régime de liberté politique. Sa thèse est que l'égalité nuit à la liberté. Plus précisément : que la démocratie, sous sa forme moderne, nuit à la liberté, qui pourtant en est le seul fondement. Bref : la démocratie s'auto-corrompt, elle porte en elle le germe de sa propre destruction.
N'ayant plus de goût que pour le bien-être, on va attendre de l'Etat une seule chose, qu'il satisfasse ce désir, étant ce qui nous importe le plus. On demande un Etat fort qui puisse protéger notre personne et nos biens. On va donner à l'Etat le soin de se soucier des intérêts collectifs. Les occasions d'agir ensemble ont disparu. Au-dessus de nous, de la masse du peuple indifférenciée, l'Etat prend des décisions ayant à voir avec la collectivité, sans prendre le soin de nous consulter.
Remède préconisé par Tocqueville : créer des associations (corps intermédiaires) Cela permettrait aux individus de redevenir citoyens. En effet, ils participeraient ainsi à des tâches communes. Rousseau (28 juin 1712 (Genève), 2 juillet 1778 (Ermenonville) ) dirait de ce remède que cela revient à créer une sorte de volonté générale mais opposée à l'Etat.
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Rousseau, Du contrat social.
NB : l'originalité de Rousseau, parmi les penseurs modernes, est de critiquer la notion de représentation. Pour lui, une démocratie est directe ou n'est pas.
C'est une manière de penser la politique : Rousseau ne pense pas qu'il y a eu réellement un contrat social, que nous édictons nous-mêmes les lois, etc. Mais ce sont les fondements du politique, ce qui rend légitime ou ce qui rendrait légitime la politique. Rousseau ne fait que réfléchir sur la politique; ses principes n'ont même pas pour but d'être réalisés. Ce n'est pas de la politique, mais une philosophie politique.
Quand Rousseau affirme que la démocratie est le régime idéal, donc le meilleur, il se situe au niveau de ce qui rendrait légitime un gouvernement. Mais jamais il ne pense que c'est quelque chose de réalisable. Dans la réalité (ou dans la pratique) la démocratie est un mauvais régime, même le plus mauvais, puisqu'elle va contre ce qui fonde la politique ou la République. Ainsi vaudrait-il mieux dire que Rousseau défend l'idée de République, mais pas vraiment celle de démocratie. Car dans la république, la volonté générale l’emporte. Alors que dans la démocratie, triomphent les volontés particulières (ie : les membres sont des individus avant d’être des citoyens). Il y a alors ingérence des intérêts privés dans les affaires publiques. Ainsi est-il mauvais que celui qui fait les lois les exécute. Les hommes sont par nature incapables de faire entièrement abstraction de leurs intérêts particuliers. Il y a donc un véritable paradoxe de la démocratie : elle doit être directe car une représentation est incompatible avec la volonté générale ; mais si elle est directe alors elle est corrompue… Elle n’est donc pas possible. Ce n’est qu’une Idée, ou un Idéal.
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L’anarchie (du grec an-, préfixe privatif : absence de, et archos, le commandement, ou « ce qui est premier ») désigne la situation d’une société où il n’existe ni autorité, ni pouvoir, ni domination, ayant un caractère coercitif, ni non plus une quelconque hiérarchie entre les hommes et les femmes. L’anarchie peut étymologiquement également être expliquée comme le refus de tout principe premier, de toute cause première, et comme revendication de la multiplicité face à l’unicité. Son symbole se traduit par un A inscrit et dépassant du O.
Le mot anarchie est employé tantôt comme synonyme de désordre social (que l’on retrouve dans le sens courant, qui se rapproche de l’anomie), tantôt comme un but pratique à atteindre dans le cadre d'une idéologie (c’est le cas pour les anarchistes).
Les anarchistes rejettent en général la conception courante de l’anarchie (utilisée dans le langage courant, par les médias et les pouvoirs politiques). Pour eux, au contraire, l’ordre naît de la liberté, tandis que les pouvoirs engendrent le désordre (voir termes historiques). Certains anarchistes useront du terme acratie, du grec « kratos » (le pouvoir) donc littéralement « absence de pouvoir », plutôt que du terme « anarchie », d’étymologie grecque lui aussi, qui leur semble devenu ambigu, porteur d’un aspect positif mais d’une trop grande connotation négative pour pouvoir être employé comme synonyme d’un objectif désirable. De même, certains anarchistes auront plutôt tendance à utiliser le terme de « libertaires » pour se désigner, ou indifféremment ceux de « fédéralistes », « anti-étatistes » ou « anti-autoritaires ».
Il est arrivé à Bakounine lui-même d’utiliser « anarchie » au sens de désordre, et l’on retrouve cette acception dans les écrits du Comité central de l’Internationale genevoise. Ces formulations ne se retrouvent toutefois plus chez les anarchistes actuels.
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Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine (8 mai 1814 à Priamoukhino (Russie), 1er juillet 1876 à Berne (Suisse)
Le jeune Bakounine, tout comme Marx, a été très influencé par la philosophie hégelienne, notamment par sa dialectique.
L'idée centrale chez Bakounine est la liberté, le bien suprême que le révolutionnaire doit rechercher à tout prix. Pour lui, à la différence des penseurs des Lumières et de la Révolution française, la liberté n'est pas une affaire individuelle mais une question sociale. Ainsi, dans Dieu et l'État, il réfute Jean-Jacques Rousseau : le bon sauvage, qui aliène sa liberté à partir du moment où il vit en société, n'a jamais existé. Au contraire, c'est le fait social qui crée la liberté : « La liberté d'autrui, loin d'être une limite ou la négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens libre vraiment que par la liberté d'autres, de sorte que plus nombreux sont les hommes libres qui m'entourent et plus profonde et plus large est leur liberté, et plus étendue, plus profonde et plus large devient ma liberté. » La véritable liberté n'est pas possible sans l'égalité de fait (économique, politique et sociale). La liberté et l'égalité ne peuvent se trouver qu'en dehors de l'existence d'un Dieu extérieur au monde ou d'un État extérieur au peuple. L'État, le Capital et Dieu sont les obstacles à abattre.
L'hostilité de Bakounine (et bien sûr de l'ensemble des anarchistes) envers l'État est définitive. Il ne croit pas qu'il soit possible de se servir de l'État pour mener à bien la révolution et abolir les classes sociales. L'État, y compris s'il s'agit d'un État ouvrier, y compris s'il s'agit du gouvernement des savants ou des « hommes de génie couronnés de vertu », comme il l'écrit au cours de sa polémique contre Mazzini, est un système de domination qui crée en permanence ses élites et ses privilèges. Le pouvoir étatique est forcément utilisé contre le prolétariat dans la mesure où celui-ci ne peut pas administrer toute entière l'infrastructure étatique et doit déléguer cette gestion à une bureaucratie. La formation d'une « bureaucratie rouge » lui semble donc inévitable.
L'athéisme de Bakounine trouve lui aussi sa base dans la recherche de la liberté pour l'humanité : « Dieu est, donc l'homme est esclave. L'homme est libre, donc il n'y a point de Dieu. Je défie qui que ce soit de sortir de ce cercle, et maintenant, choisissons. ».
Un autre aspect important de la pensée de Bakounine concerne l'action révolutionnaire. A la différence des marxistes qui préconisent l'intervention d'une avant-garde (le Parti, par exemple) devant guider la masse populaire sur le chemin de la révolution, l'organisation bakouninienne, même si elle est secrète, se donne uniquement le droit de soutenir la révolte, de l'encourager, en favorisant l'auto-organisation à la base. Cette conception n'est pas très différente de celle défendue plus tard par les anarcho-syndicalistes au sein d'organisations de masse. Si les marxistes attribuent au prolétariat industriel le rôle de seule classe révolutionnaire, lui opposant une paysannerie par essence réactionnaire, Bakounine estime au contraire que seule l'union entre les mondes rural et industriel est riche de potentialités révolutionnaires, la révolte anti-étatique de la paysannerie trouvant sa complémentarité dans l'esprit de discipline des ouvriers.
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Sujet à développer notamment dans les cours de l'Université Populaire de Cean de Michel Onfray.
http://pagesperso-orange.fr/michel.onfray/UPcaen.htm
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/
Source : http://www.philocours.com et Wikipedia.
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