Le Peuple Moso.

Publié le par Wil

"Au sud-ouest de la Chine, sur les contreforts de l'Himalaya, une ethnie de 30 000 habitants encore peu connue préserve à travers les âges des traditions et des rites particuliers (...) 

Les mères sont les piliers de la société. Seule l'ascendance féminine est prise en compte et la transmission du nom comme des biens est exclusivement féminine. La notion de père est inexistante. (...) 

Sans que cela soit ressenti comme de la légèreté sexuelle et tout en observant strictement le tabou de l'inceste, en particulier entre frère et sœur, les liaisons se nouent et se dénouent sans aucune contrainte sociale. Sans mariage ni infidélité, cette société exclut si radicalement la possession que la jalousie en devient honteuse. (...) 

Les hommes sont dispensés de travail et vaquent en groupe à leurs occupations voire à leur inactivité. (...) 

A la tombée de la nuit, les hommes rejoignent les femmes: ils se présentent sous la fenêtre de la jeune femme dont ils espèrent les faveurs. Celle-ci en choisit un avec lequel elle va passer la nuit. Chaque soir elle peut si elle le souhaite, se choisir un partenaire différent. L'homme écarté par une jeune femme s'empresse d'aller rejoindre une autre jeune femme jusqu'à en trouver une qui l'accepte. Rapidement les couples se sont formés et durant la nuit, ils doivent conduire leurs ébats avec discrétion sans déranger la maisonnée. (...)

Les enfants sont élevés par les oncles de la mère qui remplacent le père et ils ont de l'affection pour eux comme un père. Les femmes sont fières de leur position sociale et en riant, expliquent que les hommes dans la journée doivent se reposer pour être plus vaillant dans leur lit la nuit durant. Elles tiennent aujourd'hui toujours au maintien de ce mode de vie car elles estiment ne vivre avec leur compagnon que des moments d'amour et de sentiments partagés sans qu'aucune dispute ne vienne détruire ou perturber cette relation. Les aspects matériels, les questions de propriété, les aspects de l'éducation des enfants, tous les sujets sur lesquels tous les couples vivants ensemble  vont se quereller tôt ou tard, n'existent pas pour les amoureux du peuple Moso. Ils s'aiment sans contrainte. (...) 

Une première tentative de mise au pas du peuple Moso durant la Révolution culturelle dans les années 1950-1970, s'est soldée par un échec. Sommés par le pouvoir chinois de se marier sous les arrangements de leurs familles ou marier de force par la direction du Parti, de nombreux jeunes couples d'amoureux, plutôt que de voir leur amour être brisé, s'enfuirent dans les montagnes pour se donner la mort. Devant l'hécatombe, la mesure fut abrogée. (...) 

Les touristes sont surtout attirés par la réputation des femmes du village comme si elles allaient exhiber quoi que ce soit devant eux ou pire, se prostituer pour eux. C'est tout le contraire et les touristes en sont pour être déçus car la journée, il n'y a rien de particulier et la nuit, tout se fait si discrètement qu'ils n'en remarquent rien également et bien entendu, ils ne participent pas aux visites des jeunes femmes.  Ce développement du tourisme amène de l'argent au village et les gens peuvent se rendre à la ville pour s'acheter des biens de consommation ou des équipements dont ils n'avaient jusque là jamais l'usage. Les jeunes filles se mettent à rêver sur les photos de jeunes couples dans les magazines et commencent à envisager de quitter le village pour la ville. Leurs aînées se refusent à abandonner leurs modes de vie qui leur a garanti une vie paisible sans violence, haine ou jalousie dans une liberté et une liberté sexuelle sans égale. (...)"
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Publié dans trouvé sur le net

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