Je veux la paix c'est donc pour ça...
Étymologie : Issu du germanique wil, la volonté, et frido, la paix.
Ce nom de chevalier pacifique fut assez fréquent dans plusieurs pays européens dès le haut Moyen Âge : on le note en Angleterre, en Allemagne, en Autriche et en France. Il restera en usage jusqu'au XIIIe ou XIVe siècle, puis disparaîtra jusqu'à l'époque romantique.
L'éclatant succès du roman de Walter Scott, paru en 1819, Ivanhoé remit ce prénom en lumière (Wilfrid est le prénom du héros). Il se répandit surtout en Angleterre et ne fut guère apprécié aux États-Unis où il est toujours peu fréquent. En France, il a débarqué dans les années 1960 et y est aujourd'hui régulièrement attribué.
Saint Wilfrid fut, de 670 à 709, archevêque d'York à une époque troublée de l'histoire d'Angleterre. Défenseur de l'Église romaine, opposé à l'esprit nationaliste de nombreux dignitaires religieux, il connut la prison et dut faire deux fois le voyage de Rome pour plaider sa cause. Il mena pendant quarante ans un apostolat difficile mais fécond.
Le 12 octobre, on honore saint Wilfried, l'évêque d'York de la fin du VIIe siècle. En conflit avec le clergé local, il partit évangéliser le Sussex, la Hollande et l'Austrasie.
détails...
Depuis les invasions anglo-saxonnes, l'Eglise était divisée comme le pays. D'un côté les Bretons ou celtes de vieille chrétienté qui refusaient l'envahisseur. De l'autre les Angles et les Saxons. L'Eglise celte refusait l'archevêque anglais de Cantorbery et vivait pratiquement autonome. L'Eglise anglo-saxonne fondée par saint Augustin, cent ans auparavant, était soumise au siège romain. Ce fut grâce à saint Wilfrid et à quelques autres que ces chrétientés fusionnèrent au VIIème siècle et que l'unité religieuse régna dans le pays. Mais la vie de Wilfrid fut très mouvementée. Moine de Lindisfarn, le jeune garçon poursuivit ses études à Cantorbery. Un saint moine, Benoît Biscop, le prit alors comme accompagnateur pour aller à Rome. Et ce voyage fut, pour saint Wilfrid, le début de toute une série. Lorsque les voyageurs passèrent par Lyon, l'évêque de ce diocèse, Delphin le retint auprès de lui une année entière. A Rome, il se familiarisa avec la pratique de la liturgie et, en rentrant en Angleterre, il se fit l'apôtre de la liturgie romaine. Il fonda le monastère de Ripon en Angleterre. Devenu évêque d'York, il fit entrer au couvent la femme du roi Egfrid qui ne le lui pardonna pas et l'empêcha de rester dans son diocèse. Saint Wilfrid connut ainsi l'emprisonnement puis, par deux fois, l'exil dont il profita pour évangéliser le Sussex, la Hollande et même l'Austrasie où il faillit devenir évêque de Strasbourg. Il put enfin retourner dans son pays et y passer à peu près tranquillement les quatre dernières années de sa vie. Un historien anglais écrit de lui :"Il a fait tant de bien qu'on lui pardonne aisément ses imperfections et ses foucades."