Si l'on croit qu'on coule, le long du fleuve vie, rondin ivre du courant des nécessités et, lancé
par le vent, voile voué aux voeux du vide... on échappe à la liberté, voleuse de certitudes.
N' admettant pas que des bras servent aussi à nager, on fait le lit de la rivière, on se tasse, on s' agenouille, pour qu'elle nous couvre, qu'elle nous coule... ouvrant grand la bouche pour
boire la tasse, c'est à la louche qu'on soupe à la table de la lâcheté... donneuse de leçons toute faites.
Si l'on pense que l'ombre de nos actes peut être aperçue, dans la seule lumière du destin... qu'on adosse le sens à l'absurde, l'être au néant et le coq au vin... merde, je recommence !
Si l'on pense que l'ombre de nos actes n' apparaît qu'à la seule lumière du destin, qu'on adosse l'être au néant, l'en au hors et l'or aux lents... on caresse le poil, luisant, de notre
impuissance, la main bien ronde, le sourire satisfait.
Guettant les modernités là ou il n'y aura plus de surprise, pour s'en venir à l'avant garde du statisme, les yeux mouillants quand rien ne change, la joie au nez quand ça chante fort... on
appelle "liberté" des dogmes, "égalité" des certitudes douteuses, "fraternité" des compétitions.
Mais si on vit, comme la mort l'exige, dans son temps le plus incréé, dans les choix les moins écrits, on sent bien que peu importe au destin que le guide conseille ou dicte... s'il est vrai
que sans lui, le chemin ne disparaît pas pour autant, il se multiplie même !
La philosophie anarchiste enseigne que les groupes humains peuvent et se doivent de vivre dans la paix, mais que la guerre n’est pas seulement le choc de nation contre nation ou de bloc contre
bloc, mais encore et surtout l’état de guerre permanent que l’homme fait contre l’homme et qui est l’apanage de toute société basée sur l’autorité, c’est-à-dire sur l’injustice économique et
sociale qui confère aux « Chefs » des privilèges au détriment des « inférieurs ». Ainsi dans l’état présent ou passé des groupes sociaux, tout individu se trouve dans l’obligation, pour vivre, de
lutter contre les autres individus qui l’entourent et c’est celui qui montrera le moins de solidarité envers ses semblables qui aura des chances « d’arriver », de grimper le plus haut dans
l’échelle sociale.
Pour l’anarchiste, donc, la guerre est là et pas ailleurs. Le combat de nation contre nation n’est que la suite, le développement fatal – j’allais dire secondaire – de l’état de guerre permanent
qui existe entre tous les êtres humains. Et si l’hécatombe de la guerre sociale, représentée par la systématique exploitation de l’homme par l’homme, est plus discrète que celle des autres
guerres, elle n’en est pas moins cruelle, brutale, inhumaine et le nombre de ses victimes par son cortège de maux : famine, misère, sous-alimentation, etc., etc., est incalculable. Dans ses
conclusions la philosophie anarchiste refuse donc non seulement toute participation à des guerres de nation à nation, mais encore à toute guerre d’homme à homme soit au moyen d’armes soit au
moyen de systèmes économiques, tout en acceptant la libération des exploités par la violence, l’assimilant au geste du condamné à mort qui tue son gardien pour tenter de fuir et par là de vivre.
Ces conclusions de refus restent en partie théoriques car impraticables à la lettre par le militant anarchiste, ce dernier étant homme et ne pouvant refuser sous peine de se laisser mourir, toute
participation à la vie sociale dans une société qui lui est imposée et qu’il ne peut fuir.
L’objecteur de conscience non anarchiste s’inquiète davantage de l’action violente de tuer son semblable. La société est organisée pour tomber dans le massacre collectif, il refuse de tuer ; sa
propagande tendra à rallier le plus grand nombre de gens pour supprimer les guerres, mais il considère le problème économique comme secondaire. Par l’intermédiaire de ses organisations pacifistes
il essaiera de faire pression sur les gouvernements pour que les guerres de nation à nation soient hors la loi. Il refuse la violence à tout le monde et n’admet pas davantage que le
révolutionnaire puisse l’envisager pour se libérer du carcan d’esclave qui pèse sur le monde du travail. Son action personnelle est représentée par un acte unique : le refus de participer à la
guerre ou à sa préparation et pour l’exemple il subira fier mais sans révolte la condamnation qui l’aura frappé.
Voilà pourquoi le fait d’être anarchiste n’implique pas forcément d’être objecteur de conscience et pourquoi aussi l’anarchiste discute l’objection de conscience, non pas dans l’acte de refus qui
est beau, mais dans la raison, la logique du refus, qui laissent à désirer. Considérant que les guerres ne seront supprimées que lorsque les régimes qui les portent en eux disparaîtront, pour
l’anarchiste l’objection de conscience n’est qu’une forme de sa propre individualité ou qu’un moyen de protestation. Comme il reste libre de concevoir d’autres formes d’action individuelle mieux
adaptées à sa personnalité ou d’autres moyens de protestation qu’il croit plus utiles à l’ensemble de la cause qu’il défend, il peut choisir d’être ou de ne pas être objecteur de conscience.
Néanmoins si la philosophie anarchiste et l’objection de conscience diffèrent dans leurs raisonnements, les hommes qui composent les unes et les autres des organisations qui les groupent se
rejoignent très souvent dans une action commune. La plupart des anarchistes pensent en effet que si le pacifisme ne peut empêcher les guerres par les moyens qu’il propose, les organisations
pacifistes peuvent et pourront, dans certaines circonstances, retarder le déclenchement d’une guerre par les moyens dont elles disposent ; et ce temps de gagné, mis à profit par des organisations
plus révolutionnaires peut changer, si l’occasion se présente, les données du problème. C’est ainsi que, toutes réserves faites, l’objection de conscience est loin d’être incompatible avec
l’anarchie.
Pour conclure, je tiens à préciser que ces lignes n’ont pour but de déprécier ni le pacifisme, ni les objecteurs de conscience. Elles peuvent être considérées comme une simple mise au point qui
m’apparaît nécessaire en cette époque où le pacifisme semble connaître une nouvelle jeunesse, ce qui amène beaucoup de pacifistes et d’anarchistes à militer intimement.
Un grand nombre d’anarchistes considèrent, en effet, la propagande pacifiste comme un excellent débourrage de crânes et cette raison seule suffit pour qu’ils y participent. Quant aux objecteurs
de conscience, nous les avons toujours défendus contre leurs bourreaux sans tenir compte des idéologies, philosophies ou confessions qui les animaient et nous n’avons aucune raison de changer
notre ligne de conduite.
A. ARRU
Dès les premiers jours de janvier, pourront être lus sur le site Internet du « Monde diplomatique » (http://www.monde-diplomatique.fr) les textes suivants :
- « Une tradition révolutionnaire et philosophique », par Daniel Colson.
- « L'écologie anarchiste d'Elisée Reclus », par Philippe Pelletier.
Le slam, la chanson pas chantée... le compte, le raconte, la poésie, la voix, le son, le bruit... les deux amis
que sont l'un pour l'autre François Pierron et Loic Lantoine s'y baladent, le nez dans la sueur des énergies de scène. Et moi ça me fait boom, boom, badaboom... ça remue les oreilles
mais ça s'arrête pas de courire jusqu'au coeur... et tiens, ça fait plisser les yeux pour retenir les larmes d'intensité.
Loic Lantoine et François Pierron - Je cours (extrait du DVD contenu dans le dernier album en public "A l'attaque")
A propos de ce DVD (bonus du CD album en public donc), il faut absolument noter la présence d'un court métrage
assez bien foutu. Leatitia Carton, réalisatrice du dit "D'un chagrin j'ai fait un repos" m'a touché... je n'ai pas trouvé d'extrait du film sur le net pour vous en donner un avant
gout, je vous invite donc à le découvrir sur le CD/DVD en question (http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=147832006)
Et un dernier pour la route...
Loic Lantoine et François Pierron - Pierrot
En Coulisse Avec Loïc Lantoine au festival "les oiseaux rares" à Saint Julien Molin Molette, été 2006, avant la sortie de leur 2ème album "Tout est calme".
www.loiclantoine.com
Ce qui m'émeut dans ces lignes ondulées du piano et ce tranchant doux du violon de "Embers" de Max Richter, ce
ne sont pas les voluptés impeccables auxquelles au final je pourrais reprocher de n'être pas plus loin (comme disait l'autre dont les biens sont vendus aux enchères...) mais bien les cordes
qu'ils font vibrer en moi... une bouche d' égout aurait vent de cette musique et en subirairt les ondes sensibles qu'elle ne pourrait sûrement pas l' exprimer en retour comme je le fais en ces
lignes... (au passage merci les mots, je t'aime les mots !)...
Et quand la boucle (tonie la...) truante de "The Twins (Prague)", toujours du même moule fluctuant qu'est Max Richter , vrille sa volute au creux de mes oreilles... c'est pareil à la
différence... c'est nouveau, elle m'ouvre comme la naissance, elle berce mes passions tristes pour ne plus entendre que le chant de mon ravissement... L'idée en tête, de devenir la musique...
L'ombre sur la mesure (Spé DdiKaz La Rumeur !!!) ce ne sont pas les fausses notes de la tromperie des sens, ni même les exactitudes dont ils peuvent être source... non... l'ombre dans tout ça,
c'est que le soleil me manque, comme le souffle à la vie, pour donner à mon ombre, autre sens que la folie.