Ce vendredi 11 septembre 2009, outre mon envie de rentrer dans une tour symbole du capitalisme outrancier avec un avion que j'aurai détourné avec une clé de 12, habillé d'un niqab, juste par goût de la polémique... je me suis réveillé avec une douleur intense à l'entre jambe. Non pas que mes attributs me fassent défaut ou même grimace, non c'était plus dans la jambe droite, comme un muscle froissé (par quelque chose que j'aurai dit ?). Bien décidé à en découdre, je conviais mon voisin, à m'accompagner aux urgences n'étant pas bien sûr que ma conduite jusque là, ne m'emmène pas dans un arbre, ma patte folle aidant...
Le beau docteur a dit que j'avais une hernie, m'a parlé de cavité, d'air qui passe, de risque que l'intestin s'y loge... bref, il m'a fait aimé ne pas avoir pris de petit déjeuner... du repos, des medocs, pas de béquille, il faut marcher normalement... bon ! Je ressortais des urgences avec une cadence de marche encore ralentie par les étirements que ce beau docteur avait pratiqué sur ma jambe pour mieux diagnostiquer mon hernie, et mon arrêt de travail...
Mon voisin n'ayant pu m'attendre à la sortie, je prenais le bus pour me rapprocher de chez moi... l'arrêt le plus proche me déposant au complexe commercial Super U Castres, avec sa Pharmacie, son Opticien, sa Boulangerie, son Tabac, son Coiffeur, sa Fleuriste et son Bar... grand temple de la conso, la messe de 10h allait commencer... pour ma part je me mettais à marcher en direction de chez moi.
Mais... car il y a un mais... quelque chose sur le parvis du magasin attirait mon oeil. Il se passait quelques chose... ou plûtot, il ne se passait rien. La place était étrangement calme... le mouvement de la foule dédiée aux « courses » semblait ralenti, presque stoppé... je m'avançais... et là, scrutant cet horizon d'enseignes et de caddies, j'ai compris...
« Tu voulais le progrès, eh ben maintenant tu l'as » lança un vieux... une coupure générale d'électricité faisait prendre la pause à ce monde ébahit. Tout les commerces du complexe, le Super U en tête, manquait de cet élixir électrique, dans un étonnement général. Une queue de caddie était formée devant la porte automatique à laquelle un « ouvrez moi s'il vous plait » ne faisait ni chaud ni froid... à l'intérieur des « prisonniers » semblable à des poissons rouges, tournait d'une porte à l'autre, cherchant timidement à les entrouvrir des doigts. Une porte cependant était restée entrouverte, on y échangeait des turpitudes, on y moquait la technique.
« C'est ça l'électronique » dit une dame... « Eh ben on a pas l'air cons » ajouta un responsable du magasin... je me posais au milieu de ce théâtre, observant le spectacle des âmes perdues. Près du tabac, un homme demande, « Plus rien ne marche ? », « Ca dépend quoi... » répond le commerçant, « Pour un loto ? », « Ah non pour un loto c'est pas possible... »... en effet, ce n'était pas le moment de gagner ou perdre au loto, pas le moment pour la caisses enregistreuses de s'ouvrir dans un bruit impersonnel strident, pas le moment non plus de prendre son pain chaud sorti du four à la boulangerie... « Ben Lan a encore frappé » signalait avec humour un jeune homme. La panne durait et le rumeur montait... « J'ai vu un monsieur, il m'a dit qu'il y a une coupure générale... y'en a au moins pour deux heures ! ».
Alors que faire ? Des groupes de paroles se formaient, les classes sociales se mélangeait pour épiloguer sur le pourquoi du comment, sur les inconvénients, mais aussi les avantages... « on peut faire une belote » proposa un vieux en terrasse du Café qui ne servait plus de café... les gens se parlaient, se souriaient, quant aux quelques exaspérés, ils partaient laissant leur caddie à l'abandon...
Les commerçants était devant leur échoppe respective... en blouse blanche les employés de la pharmacie goutaient avec délectation à cette récréation imprévue... les nouveaux arrivants devant les portes imperturbablement fermées du Super U, cherchaient une explication au ciel... levant la tête, ils avaient l'air de se demander pourquoi donc Dieu, et la fée électricité, leur faisait ce mauvais coup, puis ils tombaient les masques... échangeaient avec les autres, ils redevenait des gens et non plus des consommateurs. « On est peu de chose » dit une femme, « Pourquoi c'est fermé, ils veulent pas travaillé ? » demanda un homme en souriant... le gérant du tabac sort une canne et fait mine de monter la garde...
Après bien 30 minutes à observer de l'extérieur ce manège statique, j'entre par la porte entrouverte du Super U... pas de musique, pas de néons, pas de bruits de caisse... juste le murmure des gens, dans un calme étonné. On s'organise, les caissières offrent à boire de l'eau à ceux resté dans le magasin (n'ayant pas encore et ne pouvant pas payé leurs achats), un jeune homme demande des chaises pour des personnes âgées... un responsable s'active mais reste souriant. Seul le vigile semble inquiet des éventuels vols que pourraient effectuer les gens, profitant du chaos...
Et puis je suis reparti... heureux d'avoir assisté à cette panne d'un système, et ce débordement d'un social... J'écris ce texte à peine rentré chez moi. Quant à la panne, je ne sais pas si à l'heure actuelle elle a été réparée... si c'est le cas, c'est bien dommage !
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||