Si l'on croit qu'on coule, le long du fleuve vie, rondin ivre du courant des nécessités et, lancé
par le vent, voile voué aux voeux du vide... on échappe à la liberté, voleuse de certitudes.
N' admettant pas que des bras servent aussi à nager, on fait le lit de la rivière, on se tasse, on s' agenouille, pour qu'elle nous couvre, qu'elle nous coule... ouvrant grand la bouche pour
boire la tasse, c'est à la louche qu'on soupe à la table de la lâcheté... donneuse de leçons toute faites.
Si l'on pense que l'ombre de nos actes peut être aperçue, dans la seule lumière du destin... qu'on adosse le sens à l'absurde, l'être au néant et le coq au vin... merde, je recommence !
Si l'on pense que l'ombre de nos actes n' apparaît qu'à la seule lumière du destin, qu'on adosse l'être au néant, l'en au hors et l'or aux lents... on caresse le poil, luisant, de notre
impuissance, la main bien ronde, le sourire satisfait.
Guettant les modernités là ou il n'y aura plus de surprise, pour s'en venir à l'avant garde du statisme, les yeux mouillants quand rien ne change, la joie au nez quand ça chante fort... on
appelle "liberté" des dogmes, "égalité" des certitudes douteuses, "fraternité" des compétitions.
Mais si on vit, comme la mort l'exige, dans son temps le plus incréé, dans les choix les moins écrits, on sent bien que peu importe au destin que le guide conseille ou dicte... s'il est vrai
que sans lui, le chemin ne disparaît pas pour autant, il se multiplie même !
Par Wil
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Publié dans : esprit libre
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J'avance et je comprend le doute méthodique de Descartes que tu m'exposais et que j'épargnais.
Aujourd'hui il m'est plus familier.
J'enlève certaines certitudes de mes croyances et je préfère m'ouvrir au Tout car il me semble que "si on enferme le monde dans des réponses, on s'éloigne de la réalité".
Ainsi je lève mes certitudes et je met un pas dans l'inconfort du doute, qui me permet d'avancer, toujours plus et de tenter de toucher "l'étoile infiniement proche et toujours inaccessible.
"Ni un itinéraire ni une errance, la vie intérieure est itinérance. Le chemin n'est pas tracé à l'avance, nos points de repères, nos bornes et nos balises souvent s'effacent ou sont emportés par le vent. Pourtant le chemin a un sens, une orientation. Dans le désert, plus important qu'une carte, est une boussole, pour ne pas perdre le nord. Quel que soit le désert à traverser, tu n'es jamais vraiment perdu si dans ce désert tu as un coeur". (Timimoun)
"La grande question ce n'est pas : quel sera mon avenir? ou l'avenir de l'humanité ou l'avenir de la terre. Tout cela peut durer encore quelques années ou quelques millénaires; tout peut s'arrêter d'un moment à l'autre...De tout façon on n'échappe pas à la loi de l'entropie:"le monde tel que nous le voyons est en train de disparaître".
La grande question, c'est davantage: quelle sera mon éternité, que faire de ma vie qui échappe au temps ou qui "rachète le temps"?
Il y a des jours où il faut se poser la question : suis-je sur une voie de réussite, suis-je sur une voie de sainteté? ou suis-je sur une voie d'entiereté?
La réussite est dans le temps, elle concerne mon avenir, la sainteté est au-delà du temps, elle concerne mon éternité.
L'entiereté n'oppose pas les deux, elle concerne mon avenir et mon éternité".
Jean-Yves Leloup
"L'illumination, c'est d'abord la liberté d'être le raté que l'on est. Il nous faut commencer là où nous sommes, mais tout entier sans réserve et sans regret. En dehors de cette acceptation, toute tentative de discipline morale ou spirituelle demeure le combat stérile d'un esprit divisé et de mauvaise doi..."
Alan Watts.